POLITIKOS souhaite permettre à un large public de découvrir des œuvres cinématographiques et audiovisuelles qui questionnent le pouvoir politique. Il s’agit ici d’approfondir la réflexion avec ceux et celles qui sur le plan local ou national exercent ce pouvoir, le filment, et le couvrent pour le compte des médias.

Une programmation originale et internationale

POLITIKOS présentera plus de 40 documentaires, fictions et séries télévisées, célèbres ou inédites pendant 4 jours dans 5 salles de la ville de Rennes. 12 films étrangers seront présentés. Un accès Vidéo à la demande permettra également au public de décider de voir ou revoir dans des salles dédiées une sélection d’une quinzaine de films projetés sur grand écran.

A l’occasion de cette première édition un accent particulier sera mis sur la célébration cinématographique et documentaire des 60 ans de la Vème république.

 

Des débats

Des débats réunissant des historiens, des politologues, des cinéastes et des journalistes politiques viendront s’inscrire après certaines les projections. L’enjeu est en effet de chercher à de comprendre ce qu’est le pouvoir, l’appétit de puissance, le sens de l’intérêt général ; de saisir les racines, la force ou la faiblesse des engagements comme des ambitions, de s’interroger aussi sur le cynisme et la cruauté de celles et ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire.

Une librairie politique

Pour mieux nourrir ces débats, une librairie politique de plus de 700m2 réunira essais, romans, revues, biographies, histoire des idées politiques et livres d’actualité.

Des séances de signatures seront organisées en présence des auteurs.

Une Master Class « Cinéma, télévision et pouvoir »

Organisée à l’institut d’Études Politiques de Rennes, la Master Class permet à celles et ceux qui le souhaitent de s’inscrire à un cycle de conférences, d’analyse de films politiques et de projection consacrées aux rapports qu’entretiennent l’image et le pouvoir.

Le prix Politikos

Dix films sont en compétition. Le Prix Politikos 2018 sera décerné par un jury composé d’étudiants des dix Instituts d’Études politiques de France et présidé par Frédéric Mitterrand cinéaste et ancien ministre de la culture.

La sélection des films en compétition devra tenir compte :

    – de l’originalité esthétique de l’œuvre

    – de la manière dont l’auteur et/ ou le réalisateur explore l’exercice du pouvoir politique

    – du soin apporté à l’écriture et à la dramaturgie du film.

Plus largement le jury devra s’attacher à préférer des œuvres cinématographiques et audiovisuelles qui, en tant que telles, permettre d’éclairer l’esprit d’un large public intéressé par les pratiques du pouvoir politique qu’elles soient nationales, régionales, locales ou internationales.  

 

« Grâce à la fiction, au documentaire et aux séries, des auteurs et réalisateurs de talent ont réussi à mettre en scène les ressorts esthétiques de l’exercice du pouvoir pour faire du film politique un genre à part entière. On peut, aujourd’hui mieux qu’hier, saisir les ambitions de ceux et celles qui aspirent à gouverner en (re)découvrant aussi bien « Le Président » d’Henri Verneuil sorti en 1961 que l’insaisissable « W » d’Oliver Stone qui moque la stature présidentielle de George W Bush. On peut aussi prendre la mesure de leur puissance comme de leur impuissance en observant Kad Mérad incarner un député dans la série « Baron Noir » ou l’actrice Sidse Babett Knudsen celui d’un Premier ministre du Royaume du Danemark dans « Borgen ».

De même il est possible à travers « Le Jeune Karl Marx », revisité en 2017 par Raoul Peck, de faire une autre lecture de la conquête du pouvoir communiste dans la Russie d’hier. On peut enfin, avec la distance nécessaire, s’interroger sur les raisons qui, en 1970, ont conduit le général Amin Dada au pouvoir en Ouganda à se laisser filmer par Barbet Schroeder. Que dire de « Pater » d’Alain Cavalier, un chef d’œuvre du genre, quand en 2011 le réalisateur s’autorise à incarner un président usé mais fasciné par son premier ministre (Vincent Lindon) succombant lui- même aux délices du pouvoir ?

Le film politique a ceci de vertueux qu’il invite à réfléchir sur notre sort de citoyen comme sur le devenir d’un monde sans frontières où, partout, les appétits de pouvoir s’aiguisent en direct sur des chaînes d’information continue et les réseaux sociaux.

Ce cinéma là prédispose à débattre de la démocratie par le regard sans concession qu’il porte sur les hommes de notre temps. Il prête le flanc à un exercice d’introspection qui fait sens : tenter de comprendre l’appétit de puissance, le sens de l’intérêt général ; saisir la force ou la faiblesse des engagements comme des ambitions, questionner aussi le cynisme et la cruauté de ceux et celles qui nous gouvernent ou aspirent à le faire. Comment, en effet, ne pas s’interroger sur l’intérêt grandissant du public pour la mise en scène du pouvoir et dans le même temps constater le désintérêt d’une partie importante de la population pour se déplacer et aller voter ?

Puisque « le pouvoir est désormais partout » constatait Michel Foucault dans les années 80, notre ambition ici est de le traquer sur le plan local, hexagonal ou international pour mieux le saisir et le comprendre. Qui mieux qu’un cinéaste, un documentariste, un journaliste politique, un auteur ou un écrivain pour nous accompagner dans cet exercice ? Qui mieux que des œuvres pour nous inspirer, à penser le pouvoir et mieux encore à affuter, ensemble, notre conscience politique ?

 

Jean-Michel Djian
Président de Politikos
Délégué Général du Festival